Résumé de la conférence de Monsieur François Longchamp Conseiller d’Etat à Genève, en charge du département de la solidarité et de l’emploi, à la Tribune du MCEI, Forum du Ramada Park Hôtel, à Genève le 15 juin 2006 Le rétablissement des finances et la lutte contre le chômage, sont les deux priorités du gouvernement genevois. Des objectifs qui ne sont pas contradictoires. C’est en redressant les comptes de l’Etat que l’on pourra mener une politique sociale adaptée et porteuse d’avenir. Ce n’est pas forcément d’argent dont on a le plus besoin aujourd’hui mais plutôt d’audace et de la volonté d’améliorer le système. Le gouvernement a décidé de prendre des mesures novatrices en modifiant l’organisation des départements notamment pour regrouper la gestion du chômage et tous les aspects liés aux problèmes sociaux. Genève compte quelque 15 000 chômeurs, soit 6.9% de la population active, un taux de chômage deux fois plus élevé que la moyenne suisse. Le budget du département de la solidarité et de l’emploi est de 1,5 milliard, un montant important qui est inquiétant. Mais il y a aussi tous les aspects positifs de Genève, tels que l’aéroport et Palexpo. Le canton crée des emplois et possède de nombreux atouts sur le plan économique. Son fort niveau de chômage s’explique par le fait que Genève est une zone urbaine, avec une économie ouverte, concurrentielle et internationalisée. Il n’est donc pas facile aux chômeurs de répondre à des demandes d’emplois souvent très pointues en termes de qualifications. Ces spécificités n’expliquent pas tout. Il y a aussi des erreurs de gestion. Actuellement, si on cumule les diverses possibilités d’aides, un chômeur peut bénéficier d’allocations pendant 4 ou 5 ans selon les cas. C’est un dispositif qui engendre des effets pervers, sachant que c’est la durée de la période de chômage qui est le principal handicap pour retrouver un nouvel emploi. L’âge et le manque de formation ne sont pas les éléments les plus discriminants. Plus longtemps on reste sans emploi, plus on a de la peine à trouver un employeur. Quatre ans d’inactivité, c’est lourd à supporter et cela engendre des problèmes d’exclusion qui se terminent à l’Hospice Général, ce qui est un cruel constat d’échec. Il faudra mettre en place un système qui permette d’agir rapidement et d’anticiper les échéances en prenant très tôt des dispositions (formation, motivation, etc.) afin de favoriser la réinsertion des chômeurs dans la vie active. Désormais les Offices du chômage proposent gratuitement aux entreprises des dossiers de chômeurs qui correspondent très précisément à leurs besoins. Nous allons aussi confier à une société privée spécialisée la réinsertion de 100 chômeurs de longue durée. Cette expérience sera suivie par l’Université de Genève pour en tirer tous les enseignements utiles. Nous veillons à ce que l’argent distribué le soit de façon équitable, et qu’il aille vraiment aux personnes dans le besoin. Enfin, la lutte contre le travail au noir sera intensifiée. Il est intolérable que des entreprises emploient des travailleurs au noir. Dès janvier prochain, une nouvelle loi fédérale va nous permettre de consulter les divers fichiers officiels (AVS, chômage, etc.) et de croiser les informations pour débusquer les cas illégaux. Le nom des sociétés fautives sera rendu public. Ce sont l’esprit d’entreprise, la paix du travail et la concurrence qui nous permettront de réduire le taux de chômage et certainement pas des quotas, quels qu’ils soient. Des dispositifs contraignants pour obliger les entreprises à engager des chômeurs ne sont pas une solution. Résumé dû à la plume de L. Canal |